Halal, cacher et marketing

Dans le monde désenchanté où nous vivons, à quel saint se vouer ? Pour les consommateurs égarés que nous sommes, à quelle autorité se fier ? Voici la question lancinante que remâchent tant et plus les consultants et profs de marketing.   Pourtant, dès 1972, la réponse avait été trouvée. Hebrew National, une entreprise américaine, lançait une campagne de publicité sur la télévision pour ses hot-dogs cacher (ou kasher). Un pubard inspiré lui trouva le slogan magique : la nourriture cacher « répond à une plus haute autorité » (« answers to a higher authority »). Succès immédiat. Le slogan s’est répété…

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La ville de Detroit en faillite

La ville de Detroit dans le Michigan (Etats-Unis) vient de se déclarer en faillite. Que va-t-il maintenant se passer ?   On estime la dette de la ville de Detroit à plus de 18 milliards de dollars. Deux fonds de pension d’anciens employés municipaux, incluant des policiers et des pompiers, ont sur la ville une créance de 9.2 milliards de dollars. Plus de 100.000 créanciers ont été recensés. Un petit nombre de ces créanciers sont privilégiés, c’est-à-dire qu’ils peuvent faire vendre des actifs de la ville : c’est le cas des compagnies en charge de la gestion de l’eau et des égouts.…

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Sur les impôts d’Apple, c’est nous les pommes !

Apple renforce la polémique montante sur les impôts versés par les grands groupes internationaux, et notamment le Club des cinq des États-Unis : Apple, Google, Facebook, Amazon et Starbuck. Ce billet montre que la victime (et le coupable !) de l’évasion fiscale faite par Apple, c’est nous, c’est-à-dire les contribuables européens. Mais aussi, paradoxalement, l’actionnaire d’Apple.

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L’union bancaire : Irlande vs. Nevada, une illustration de l’importance d’un système bancaire intégré

Grâce à un système bancaire intégré, le Nevada a été sauvé quand la bulle immobilière locale a implosé. Par manque d’un système bancaire intégré, cela n’a pas été le cas en Irlande. Ce billet défend l’idée que la comparaison entre le Nevada et l’Irlande démontre que l’union bancaire est bien plus importante pour l’Europe que les propositions courantes d’union budgétaire. Et qu’en absence d’une union bancaire couvrant les pertes, il est très probable que l’Europe sera poussée à revenir à des marchés financiers segmentés nationalement. La crise de la zone euro a montré comment un État souverain insolvable peut aisément…

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Les Belles Histoires de la Finance spéculative – Mais que font nos banques de l’argent ?

On connaît le conte de fées que nous racontent les banquiers français : ils nous prêtent tout l’argent qu’ils ont, et même un peu plus. En fait, les prêts à l’économie représentent moins de la moitié de ce que font aujourd’hui les grandes banques : le reste, elles le placent sur les marchés, en se prêtant entre elles. Et de temps en temps, on aperçoit le pot-aux-roses, comme il y a quelques mois. Brusquement, des fonds américains ont perdu confiance dans les banques européennes et ils ont réduit les crédits en dollars qu’ils leur faisaient. Les pires hurlements sont venus…

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La sécurité sociale américaine arbitre des prochaines élections américaines

Le plan Obamacare – couverture sociale à l’américaine – sera-t-il l’arbitre du prochain scrutin américain ? Avec l’ouragan Sandy qui vient probablement de chambouler la donne pour les élections américaines, est-ce que le plan Obamacare n’est-il pas l’ultime arbitrage inconscient dans le vote des américains entre démocrates et républicains ? Les États-Unis ont gardé l’esprit pionnier de la conquête de l’Ouest, avec tous ses contrastes : fierté d’être Américain et de la réussite sociale, respect de la collectivité et discrimination positive, mais aussi dérives d’un capitalisme poussé à l’extrême, individualisme et misère sociale pour les plus démunis. Pendant plus d’un siècle, le Congrès…

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Les Belles Histoires de la Finance spéculative – le scénario du 3e tour

Dans mon roman 555, jeudi rouge, je montre l’extrême importance que le lobby financier accorde à la communication. La campagne électorale terminée, on va rentrer dans les affaires sérieuses : comment éviter que le nouveau gouvernement prenne des mesures gênantes pour la banque spéculative ? Comment éviter qu’il mette fin (comme François Hollande s’y est engagé) au couple panda-requin (Belle Histoire publiée le 9 mars 2012) en séparant la banque de marché (le requin) de la banque de dépôt et de crédit (le panda) ? Si j’écrivais une suite à 555, j’imaginerais ainsi la stratégie de communication des requins, en…

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Les Belles Histoires de la Finance spéculative – La finance, c’est Orwell…

Vous connaissez Georges Orwell, l’auteur de 1984. Il y décrit un monde où un dictateur, Big Brother, a perverti les hommes et pris le contrôle de leurs pensées en manipulant le langage. Les slogans proclament : « la paix c’est la guerre », « l’amour c’est la haine »… Orwell s’était inspiré des pouvoirs nazis et soviétiques. La finance est un Small Brother bien moins effrayant que son grand frère, mais elle a un air de famille sur un point important : la manipulation du langage. On peut multiplier les exemples où les mots de la finance disent autre chose…

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Les Belles Histoires de la Finance spéculative – Les histoires de famille, on n’en parle pas…

On connaît la liste des banques dangereuses pour la collectivité parce qu’elles sont trop grosses : les banques qui sont « trop grosses pour faire faillite » (too big to fail). La France peut être fière, nous sommes le pays au monde qui a le plus de banques dangereuses, après les États-Unis : 5 ! (contre 2 seulement en Allemagne). Lesquelles ? BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, Banque Populaire Caisse d’Epargne et Dexia. Ce sont les banques dont on sait que le contribuable devra les sauver si elles ont un problème. En fait, sur ces 5 banques, il y…

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L’emprunteur hypothécaire américain commencerait-il à compter ?

Les clients individuels des banques françaises qui ont (parfois avec juste raison) l’impression d’être négligés ou mal traités par leur banque ne savent pas (du moins par rapport aux États-Unis) dans quelle félicité ils baignent… Outre-Atlantique, pas de loi Scrivener (1978), pas de loi bancaire (1984), et en général une organisation bien étudiée pour que les clients (quand ils prennent la peine d’examiner a la loupe leur relevé de compte) se lassent et abandonnent questions, protestation et réclamations… Nous sommes loin de l’époque reine des années 60 de Ralph Nader et du consumer power…1 Le « Consumer Protection Bureau », crée par…

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