La robotisation concerne directement la fonction finance

La robotisation concerne directement la fonction finance

L’Automatisation devient chaque jour un peu plus une réalité tangible pour les entreprises et leurs collaborateurs. PwC vient de publier une étude au titre évocateur : « Will Robots Really Steal Our Jobs ? ». De nouveaux termes, dignes de la science-fiction deviennent notre quotidien : AI, Artificial Intelligence, Automatisation, Robotisation, Algorithme, etc. Alors, commençons par donner un peu de contenu à tous ces termes. Puis, regardons plus précisément comment la question de PwC s’appliquerait à la France d’une part, et aux métiers de la Finance d’autre part.

Selon l’étude, l’Automatisation se déploiera en trois vagues :

  • Déjà en cours : Algorythm Wave, automatisation des tâches simples de calcul et d’analyse de données structurées. Cette vague est déjà en cours ;
  • Années 2020 : Augmentation Wave, interaction dynamique entre les nouvelles technologies, les fonctions administratives et la prise de décision. Des tâches dans des environnements semi-contrôlés (comme déplacer des objets dans un entrepôt) pourront aussi être automatisées. Cette vague est aussi en cours mais pas encore mature ;
  • Années 2030 : Autonomy Wave, automatisation des tâches manuelles y compris celles qui nécessitent de la dextérité et résolution de problèmes en environnement changeant comme le transport et la construction. Ces techniques sont déjà en cours de développement.

L’impact de la 1ère vague d’Automatisation pourrait rester assez limité (dans les pays retenus par l’étude : pays de l’OCDE plus la Russie et Singapore) avec moins de 5 % des emplois en risque. Mais 15 % des emplois seraient en risque avec la 2e vague puis presque autant avec le 3e vague.

L’impact de l’Automatisation sur l’emploi dans chaque pays est lié à sa spécialisation et à son niveau d’avancement économique. Les différences peuvent être considérables : de 22 % des emplois en risque en Corée du Sud et en Finlande, mais 40 % en Slovaquie. Les Services-Dominated Economies comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France ou les Pays-Bas sont dans une situation intermédiaire avec 35 % d’emplois en risque environ. Les économies industrielles comme l’Allemagne ou l’Italie seraient plus impactées avec près de 40 % d’emplois automatisables. Les pays nordiques et asiatiques seraient moins impactés car la proportion d’emplois automatisables y est moindre.

L’analyse par niveau d’éducation est particulièrement importante pour ses impacts potentiels sur la cohésion des entreprises et de nos sociétés. Elle montre que les postes des collaborateurs avec un niveau d’éducation faible ou moyen sont très en risque (taux de 35 à 45 %) contre 10 % environ pour les postes des collaborateurs avec un niveau d’éducation élevé. Cet écart particulièrement significatif résulte du fait que les collaborateurs avec le niveau d’éducation le plus élevé ont généralement une plus grande adaptabilité aux changements technologiques, occupent des fonctions où le jugement humain reste indispensable et qu’ils seront en charge de la conception et de la maintenance des nouveaux systèmes basés sur l’intelligence artificielle.

Et qu’en est-il des métiers de la Finance ?

La Finance s’incarne dans deux secteurs : « Finance & Insurance » et « Administrative & Support Services ». En Finance & Insurance, 30 % des emplois seront en risque, essentiellement avec la 1ère et surtout la 2e vagues (la 3e vague sera marginale) et les impacts de l’Automatisation sur les emplois apparaîtront dès le début des années 2020, c’est-à-dire demain ! Pour Administrative & Support Services, 35 % environ des emplois seront en risque (similaires à l’industrie et la distribution) avec les 2e et 3e vagues. Le secteur aura donc un peu plus de temps pour s’adapter car l’Automatisation ne se déploiera fortement qu’à partir du milieu du années 2020.

Mais tout le monde ne sera pas impacté de la même manière, loin de là. Si nous prenons de Finance & Insurance, analysé plus précisément par PwC, deux analyses convergent :

Analyse par tâche. Les tâches intellectuelles et surtout de calcul sont sur-représentées par rapport aux autres secteurs. Les tâches routinières – les plus nombreuses – et de management sont dans la moyenne. Les tâches routinières (avec les tâches manuelles) sont celles risquent le plus d’être impactés par l’Automatisation avec un taux de 40 %. La proportion d’emploi en risques pour le secteur Finance & Insurance est cependant limitée par le niveau de risque plus faible pour les tâches de calcul et de management avec un taux de 25 %, Du fait de ces deux impacts opposé, l’emploi dans le secteur Finance & Insurance est moins en risque que les secteurs industriels et de la distribution. Une attention particulière est à accorder aux emplois de calcul qui représentent 20% des emplois du secteur et sont plutôt en risque – avec un taux de près de 30 % – et cela dès le début des années 2020.

Analyse par fonction. L’essentiel des emplois concerne pour moitié les techniciens et les administratifs et pour moitié les managers, experts et commerciaux. Les emplois administratifs sont les plus en risque avec un taux de 50 à 60 % et l’Automatisation la plus rapide, l’essentiel étant réalisé avant 2025. Par contre, les emplois les plus qualifiés ne seraient exposés qu’à un taux d’Automatisation parmi les plus faibles autour de 10 %, sachant que, pour eux, l’Automatisation se réalisera tout au long de la prochaine décennie.

Au-delà des impacts potentiellement lourds sur l’emploi et la cohésion sociale décrits ci-dessus, l’Automatisation va rapidement mettre en lumière d’autres sujets majeurs comme le devenir des collaborateurs les plus impactés par l’Automatisation, la capacité des organisations et des collaborateurs à utiliser des outils totalement nouveaux, la sécurité des données numériques – de plus en plus importantes mais aussi de plus en plus accessibles via l’interconnexion des systèmes, la collaboration croissante entre les DAF, DRH et DSI ainsi que l’évolution de la chaine de valeur (par exemple : la réduction des coûts et des risques des back office des DAF et DSI).

 

Cet article a été publié sur Vox-Fi le 5 mars 2018.

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