Hommage à Bernard Escoffier

En tant que commissaire aux comptes d’IBM FRANCE et de ses filiales pendant plus de vingt ans, j’ai eu le privilège de bien connaître Bernard Escoffier, d’abord comme directeur des services comptables, puis de l’audit interne, puis directeur général des finances et des plans, membre du directoire, et enfin comme PDG d’IBM FINANCEMENTS. La première fois que je suis entré dans son bureau, j’ai été surpris par l’apparent désordre y régnant et par sa façon de peser les avantages et inconvénients des décisions qu’il avait à prendre.

Ce que j’avais d’abord pris comme une forme d’indécision était en fait une conscience professionnelle aigüe, l’amenant à mesurer les enjeux, à approfondir sa connaissance du sujet, à consulter son équipe et à s’inquiéter de la façon dont sa décision allait être reçue. Rigoureux et intransigeant sur la justesse des comptes, épris de sens des responsabilités, il savait faire preuve de tolérance et trouver des solutions de sortie par le haut, avec un sens de l’humour reconnu par tous.

J’ai continué à travailler de façon épisodique avec Bernard dans le cadre de sa présidence de la DFCG Île-de-France, de ses cours à Dauphine, de ses travaux à l’Institut du Benchmarking présidé par Jacques Errard qu’il avait remplacé chez IBM FINANCEMENTS. Homme de réflexion, un brin utopiste, aimant les gens et leur accordant volontiers sa confiance. Il gardait une amitié indéfectible pour l’homme, dans le respect des valeurs de partage et d’honnêteté.

Ses qualités d’écoute et de cœur, sa chaleur humaine et son empathie, sa retenue naturelle, sa modestie et sa sobriété disparaissaient derrière un regard affûté et un œil juvénile et malicieux. Il était doté d’une intelligence des situations, à la fois relationnelle et émotionnelle, correspondant à l’esprit de finesse défini par Blaise Pascal. Nous lui portons tous l’estime et l’affection qu’il mérite. Bernard m’a beaucoup inspiré. La mort n’interrompt pas cette inspiration. Cette relation, riche et spirituelle, peut même l’amplifier. Je n’oublierai jamais ses paroles et ce qu’il a dit à mon épouse lors de ma remise de la médaille du mérite par Edouard Salustro.

Nous saurons tous garder en mémoire sa délicatesse, sa sagesse et sa vision large de l’évolution de nos métiers comptables et financiers. Il restera pour nous un repère et un modèle.

 

Jean-Louis Mullenbach, président d’AEQUIDO FINANCE, co-président du Comité éditorial de Vox-Fi.

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