François Meunier

François Meunier

Co-Président du Comité éditorial, Économiste – Conseil en corporate finance

Uber est une société de service de transport. Point

Uber est une société de service de transport. Point

La confluence des droits nationaux et du droit européen donne parfois de curieux résultats. Rappelons les faits. Une association professionnelle de taxis de la ville de Barcelone avait attaqué la filiale de la société Uber en Espagne en concurrence déloyale au motif que le service UberPop ne respectait pas la législation espagnole en matière de services de transport de personnes. En particulier, l’absence de licence pour les chauffeurs. Considérant que la solution du litige nécessite l’interprétation de plusieurs dispositions du droit de l’Union, le tribunal de commerce de Barcelone a posé une question préalable à la Cour de justice européenne :…

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Comment les fonds d’investissement gèrent-ils le risque de liquidité ? Mal ! – 2de partie

Comment les fonds d’investissement gèrent-ils le risque de liquidité ? Mal ! – 2de partie

Quelles solutions l’industrie de la gestion d’actifs a-t-elle trouvé ? Peut-on introduire certains amendements au principe de capital ouvert permettant de garder la commodité du capital variable, sans obliger les fonds d’investissement à rester confinés à la détention d’actifs ultra-liquides comme les bons du trésor ? On a vu apparaître historiquement : Le forward pricing. Une question importante est le calcul de la valeur de la part, la valeur dite « liquidative ». La technologie d’autrefois interdisait le calcul de cette valeur en temps réel. On prenait en général la valeur liquidative d’un jour déterminé de la semaine précédente. Avec l’effet négatif que l’investisseur qui…

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Comment les fonds d’investissement gèrent-ils le risque de liquidité ? Mal ! – 1re partie

Comment les fonds d’investissement gèrent-ils le risque de liquidité ? Mal ! – 1re partie

La réponse abrupte du titre nécessite un regard en arrière pour être comprise. Sur la façon dont l’ordre juridique, dans le système capitaliste, prend en charge les projets industriels. Historiquement et de façon dominante, ils sont abrités sous le chapeau juridique de la société anonyme, dont un des traits importants est que le capital, c’est-à-dire l’apport en fonds propres des partenaires, y est « fermé » (close-end). Le nombre des actions ou des parts est fixe. Ceux qui les portent ne peuvent pas retirer à leur gré leur argent du projet ou de l’entreprise. S’ils souhaitent la liquidité, ils revendent leurs actions…

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La « taxe au profit ajouté » (TPA), une révolution américaine dans l’impôt sur les sociétés

La « taxe au profit ajouté » (TPA), une révolution américaine dans l’impôt sur les sociétés

  Les médias retiennent que les États-Unis, à l’initiative des Républicains de la Chambre des représentants, ont le projet de faire baisser le taux d’impôt sur les sociétés (IS) à 20%, au lieu des 35% aujourd’hui, un pas de plus dans la compétition fiscale entre les pays. L’administration Trump semble soutenir ce projet, Donald Trump ayant même parlé de baisser le taux à 15%. Cette baisse, si inquiétante qu’elle soit pour les partenaires commerciaux des États-Unis, n’est pourtant pas le trait le plus important de la réforme. Il s’agit en fait d’un projet radical, visant à donner à l’IS des…

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Compte Nickel, Compte RUT : une remarque sur la pure banque de dépôts

On évoquait dans un autre billet de Vox-Fi la pénalité très originale imposée aux fabricants de papier-toilette suite à un cas prouvé au Chili de collusion sur le prix pendant une dizaine d’années : pour le principal de ces fabricants, l’amende de 150 M$ sera versée à tous les consommateurs, c’est-à-dire en pratique tous les chiliens qui disposent d’un « Cuenta RUT », ou compte RUT. Chacun d’eux recevra 7.000 pesos, c’est-à-dire 10 euros environ. Le Compte RUT est une innovation financière intéressante, et pourtant vieille comme le monde, ou presque. De quoi s’agit-il ? Tout résident chilien, mais en pratique les personnes non-bancarisées,…

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Shaming collusion

L’Autorité de la concurrence au Chili (précisément le Sernac, en charge de la protection des consommateurs) vient de trouver un accord avec l’une des entreprises qui avaient été impliquées dans une entente sur le papier hygiénique. En pratique la plus grosse, CMPC. Originalité : payer une amende, oui, comme dans les autres cas de collusion avérée dans la fixation de prix, mais la payer directement aux consommateurs. L’entreprise CMPC, la principale d’entre elles, a négocié avec le Sernac et des associations de consommateurs l’accord suivant : son amende s’élèvera à 150 millions de USD, ce qui est l’estimation de son surprofit retiré…

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Est-ce le rôle de la Bourse de financer l’économie ?

La Bourse est un grand marché secondaire où s’échangent les actions cotées. Mais est-elle aussi un lieu où, de façon agrégée, les entreprises reçoivent du financement de la part du reste de l’économie ? Pour répondre à cela, il faut regarder les fonds qui entrent via la Bourse dans les bilans des entreprises : augmentations de capital et IPO ; ceux qui sortent : dividendes et rachats d’actions, y compris lors des OPA payées en cash ; et faire la différence. Surprise ! En général, cette différence est négative : le cash qui sort est plus important structurellement que le cash qui rentre – et particulièrement dans…

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Uber et la chute du prix des licences de taxi

L’arrivée de Uber, LeCab et autres plateformes VTC de réservation a un fort impact sur le marché des licences de taxis. Le graphique qui suit en donne une idée : le prix moyen de la « plaque », selon le site de la Compagnie des taxis, s’élevait à 230 K€ en 2013 et n’est plus que de 125 K€ en cette fin 2016, soit une baisse de près de moitié (45%).     Peut-on convertir cela en profitabilité des taxis parisiens ? (On s’étonne d’ailleurs que la Préfecture de Paris ne publie pas de chiffres là-dessus.) Il y a 17137 plaques en circulation, ce…

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Le Brexit et la conjoncture britannique : encore une bourde des économistes ?

L’économie britannique déjoue tous les pronostics. Avant le vote, une grande majorité d’économistes pariaient sur un violent choc récessif et les politiciens du Bremain usaient de ce pronostic pour passionner le vote, avec le succès qu’on sait. Immédiatement après le vote, le consensus restait celui d’un fort impact récessif. Par exemple, fin août 2016, Alexandre Milicourtois, le responsable économique de Xerfi, disait : « La question n’est pas de savoir si (l’économie britannique) va souffrir du Brexit, mais à quel point ? ».     Or, la réalité en ce début 2017 dément toujours le diagnostic. L’économie reste très vigoureuse. Est-ce encore une bévue…

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Luxembourg, Irlande… Comme il fait bon être petit en Europe !

L’Union européenne reste encore une zone de paix et de libre circulation des capitaux et des hommes. Du coup, y être un petit pays offre deux gros avantages économiques : Adopter des taux d’impôt plus bas que ses (grands) voisins ne fait pas baisser les recettes fiscales. Cela les augmente. Quantité de services publics sont fournis gratuitement par les voisins. Le premier avantage tient à ce que la perte de recettes liée à la baisse du taux d’impôt par rapport à ses voisins (l’effet revenu) est compensée au-delà par l’apport de base imposable venue de l’étranger, attirée par les taux…

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