Jean-Florent Rérolle

Jean-Florent Rérolle

Membre du Comité éditorial, Partner, Head of Valuation and Capital Market Insights (KPMG France)

Une discipline stratégique pour convaincre l’actionnaire

Les aprioris sur le monde de la finance sont légions. S’il en est un qui a la vie particulièrement dure, c’est bien la croyance populaire selon laquelle les marchés sont court termistes. Le plus cinglant des démentis vient de lui être apporté dans une lettre envoyée aux CEO du S&P500 par Larry Fink, Président de Blackrock, invitant les entreprises à privilégier le long terme dans leur communication financière. Ce message s’adresse aussi à tous les directeurs financiers de groupes cotés qui sont en première ligne face aux marchés. Les exigences des investisseurs sont légitimes : ils veulent comprendre comment l’entreprise…

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Rémunérations des dirigeants : une question de partage de la valeur

Les dés semblent jetés : la loi va intervenir dans le domaine des rémunérations des dirigeants malgré les efforts des organisations patronales pour rassurer sur la capacité des entreprises à s’auto-discipliner. On s’oriente très probablement vers un système qui passerait d´un «say on pay» à un «decide on pay» dans lequel l’assemblée générale des actionnaires se verrait attribuer le pouvoir de refuser le «cadre général» de la rémunération des dirigeants présenté par le conseil d’administration. Une autorégulation qu’on croyait exigeante avait pourtant été mise en place : la moitié des textes applicables (code de gouvernance de l’AFEP-MEDEF et guide d’application de la…

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Le décollage du rapport intégré

Cà y est ! L’idée du rapport intégré semble bien installée dans les entreprises françaises. Cela ne veut pas dire que nous allons assister à une publication massive l’année prochaine, mais il est à présent rare de trouver une entreprise qui n’en ait jamais entendu parler et qui ne réfléchisse pas à ce qu’elle doit faire dans les années qui viennent. Il était temps. Si l’on en croit les représentants de l’IIRC, 3000 entreprises dans le monde publieraient un rapport qualifié d’« intégré » . Même si les pratiques sont très hétérogènes et quelquefois très éloignées de la philosophie originelle, ce nombre…

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L’information non financière est vitale pour l’investisseur

Les investisseurs sont souvent considérés comme des monstres froids uniquement intéressés par les performances financières à court terme des entreprises. Il s’agit naturellement d’une caricature et de nombreuses études ont montré que la part des informations qualitatives qu’ils utilisent dans leurs décisions d’investissement est loin d’être négligeable. On peut même penser que cette part s’est accrue avec l’avènement de l’économie digitale dont la propension à perturber les équilibres concurrentiels a rendu moins pertinente l’information purement financière. La dernière étude en date est celle du cabinet Ederman (Qualitative Information Study) dont les observations confirment celles qui ont été faites il y a un an parKPMG et l’AFG à l’occasion d’une enquête sur…

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L’évaluation financière d’une société : une subjectivité à encadrer

Cet article est disponible sur le blog de Jean-Florent Rérolle Vox-Fi traite de la pratique de l’expertise indépendante en France (ici et ici). Tous ceux qui s’intéressent aux opérations financières de marché et aux attestations d’équité doivent impérativement les lire Les critiques qui sont faites aux experts indépendants dans le cadre de la réglementation AMF peuvent assez facilement être étendus à bien d’autres types d’évaluation. En effet, evaluer une entreprise est nécessairement subjectif. Il faut dire que les définitions classiques de la valeur constituent un alibi bien commode. Par exemple, la juste valeur est définie par les normes lAS /…

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Haro sur l’auditeur ?

Après les banquiers, les fonds alternatifs et les agences de notation, le prochain coupable de la crise est peut-être l’auditeur. Jusqu’à présent, les cabinets d’audit n’avaient pas été réellement inquiétés. Les attaques s’étaient concentrées sur les normes comptables et, plus particulièrement, sur le caractère procyclique de la juste valeur. Malgré les sommations des politiques et les lamentations des banquiers, les normalisateurs n’ont pas vraiment bougé. Grâce à quelques aménagements proposés par les régulateurs, acceptés par les auditeurs et appliqués par les évaluateurs, la tension était retombée. C’était sans compter le Commissaire Barnier dont le Green Paper permet de relancer le…

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Synergies potentielles et valeur financière d’une entreprise

La France est un des rares pays à avoir réglementé les conditions dans lesquelles un expert indépendant doit se prononcer sur le caractère équitable d’une offre publique. Cependant, de nombreuses incertitudes demeurent sur la façon dont l’expert doit mener son analyse. Dans la pratique, les observateurs (et la plupart des professionnels) ne font pas la différence entre attestation d’équité et évaluation. Or une attestation d’équité ne se réduit pas à une évaluation. Bien d’autres paramètres sont à prendre en considération. L’offre publique d’achat lancée sur les actions de Spérian permet de montrer que l’analyse d’une transaction ne se réduit pas…

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Le risque actionnarial : réel, majeur, fréquent et pourtant négligé (2/2)

Le risque actionnarial défini comme l’éventualité d’un décrochage important, brutal et inattendu du cours de Bourse d’une entreprise cotée (voir la première partie de ce post) survient en cas de divergence importante entre les attentes à long terme des actionnaires et la capacité apparente de l’entreprise à y répondre. Les causes les plus visibles sont celles qui affectent la valeur fondamentale : une rentabilité espérée moins forte que celle qui était prévue, un niveau de risque soudainement relevé, une croissance menacée, un dysfonctionnement grave dans la gouvernance affectant soit les choix stratégiques, soit l’équité de la répartition de la valeur…

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Le risque actionnarial : réel, majeur, fréquent et pourtant négligé (1/2)

La gestion du risque est devenue une préoccupation essentielle des directions générales et des conseils d’administration dont la naissance remonte au début des années 2000 avec les obligations législatives ou réglementaires relatives au contrôle interne des sociétés (loi SoX aux Etats-Unis, LSF en France…). A l’époque, il s’agissait avant tout de contrôler la fiabilité de l’information comptable et financière. Progressivement, cette préoccupation comptable a été élargie pour couvrir la gestion opérationnelle et stratégique. Dans cet esprit, le COSO et le cadre de référence de l’AMF invitent les entreprises à adopter une approche holistique de la gestion des risques. Même si…

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Quelle est la prime de marché utilisée par les praticiens ?

On se souvient que Pablo Fernandez, professeur de finance à l’IESE (Université de Navarre) avait écrit deux papiers sur les primes de risques “académiques”. Le premier était une analyse des primes utilisées dans une centaine d’ouvrages de finance publiés entre 1979 et 2008 (voir mon post “La prime de risque : faites votre choix !”). Le second présentait les résultats d’une enquête réalisée auprès de 1000 professeurs de finance.   C’est avec beaucoup d’intérêt que l’on lira la troisième étude que ce professeur consacre au sujet. Mais cette fois ci, il s’est intéressé aux praticiens (les entreprises et les analystes)…

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